Du temps des grands voiliers, un jeune marin prit la mer pour la toute première fois. Alors que le navire voguait sur l’Atlantique Nord, une violente tempête s’abattit soudainement sur eux. Malgré le tumulte, le capitaine ordonna au jeune homme de monter sur le grand mât pour y régler l’orientation de la grand-voile.
Effrayé, le jeune marin obéit en tremblant. Arrivé à mi-chemin, il commit une erreur fatale : il regarda en bas, vers les vagues déchaînées, et commença aussitôt à perdre l’équilibre. Le capitaine, voyant le danger imminent, lui cria : « Regarde en haut, mon garçon, vers le sommet ! Ne regarde surtout pas en bas ! » Instantanément, en fixant un point stable au-dessus de lui, le jeune homme retrouva son équilibre.
Le vertige de nos insécurités
Dans notre travail de relation d’aide, Maryse et moi réalisons constamment que les pensées limitatives qui paralysent les gens sont profondément liées à l’insécurité et à la peur de l’échec. Ayant élevé une grande famille, nous avons nous-mêmes dû transcender nos propres peurs. L’un de nos plus grands défis fut d’encourager nos jeunes à surmonter leurs insécurités et à apprendre à prendre des risques.
Comme Maryse aime le répéter en citant Nelson Mandela : « Dans la vie, tu ne perds jamais : soit tu gagnes, soit tu apprends. » C’est en accumulant des victoires en dehors de cette insécurité que le caractère d’un homme ou d’une femme se forme et s’endurcit.
Sortir de la cale pour affronter la tempête
Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, lorsque je désire accomplir des tâches difficiles qui m’effraient, je sais que je dois foncer et sortir de ma zone de confort. C’est souvent à l’intérieur de cette zone rassurante que nous restons emprisonnés, que la grande majorité des humains naviguent, et que les choses finissent par se gâter.
Lorsque nous regardons en arrière au lieu de fixer notre objectif, nos échecs du passé envahissent notre esprit et nos attentes de succès s’estompent. Regarder en avant est synonyme d’espoir, tandis que le désespoir se trouve souvent derrière nous. La règle est simple : lorsqu’on regarde vers le soleil et la lumière, on ne voit pas d’ombre. Si ton horizon te semble sombre, il te suffit de regarder en avant.
Il est tout à fait normal de se sentir insécurisé. Lorsque Dieu demanda à Moïse de libérer son peuple, esclave du Pharaon, voici ce que Moïse lui répondit :
« Moïse dit au SEIGNEUR : « Ah, Seigneur, excuse-moi ! Je ne sais pas parler. Déjà quand j’étais petit, je ne parlais pas bien, et cela n’a pas changé depuis que tu me parles. Ma bouche n’arrive pas à dire ce que je veux. » Le SEIGNEUR répond à Moïse : « Qui a fait une bouche à l’homme ? Qui lui ferme la bouche ou les oreilles ? Qui lui ouvre les yeux ? Qui le rend aveugle ? N’est-ce pas moi, le SEIGNEUR ? Maintenant, pars ! Je serai avec toi quand tu parleras, et je t’apprendrai tout ce que tu devras dire. » »
— Exode 4.10-12
Le résultat fut grandiose : un demi-million de personnes suivirent Moïse lorsqu’il leva le bâton pour que Dieu sépare la mer, engloutisse l’armée du Pharaon, et les fasse entrer en terre promise.
Lorsque la peur ou l’insécurité t’envahit, c’est le moment parfait pour te tourner vers Dieu et exprimer tes doutes devant la tâche. C’est précisément à ce moment que le surnaturel t’envahira d’audace et de courage.
« Courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi. »
— Hébreux 12.2
ÉTUDE DE MOT — GREC
ἀφορῶντες (aphorôntes)
Hébreux 12.2
Ce participe grec vient du verbe aphoraō, formé du préfixe apo (« loin de ») et de horaō (« voir, regarder »). Il ne signifie pas simplement « regarder », mais « détourner son regard de tout le reste pour le fixer sur un seul point ». C’est exactement le geste du jeune marin : cesser de regarder les vagues pour fixer le sommet du mât. L’auteur d’Hébreux emploie ce même mot pour décrire notre regard sur Jésus : un choix actif de détourner les yeux de ce qui nous fait vaciller, pour les fixer sur Celui qui ne bouge pas.
REGARD SCIENTIFIQUE
Des études en neurosciences suggèrent que notre système vestibulaire, responsable de l’équilibre, s’appuie fortement sur des repères visuels fixes. La recherche émergente indique que fixer un point stable à l’horizon — plutôt que des éléments mouvants comme des vagues — réduirait l’activation des zones cérébrales associées au vertige et à la panique, un réflexe que marins et gymnastes exploitent intuitivement depuis toujours.
Le regard fixé sur Celui qui apaise la tempête
Dans une de mes récentes méditations, j’ai réalisé à quel point ce sont nos peurs qui nous gardent en captivité. Nous devons apprendre à vivre à l’extérieur de nos pensées limitatives. Si la Bible répète plus d’une centaine de fois des expressions comme « ne crains rien » ou « n’aie pas peur », c’est pour une bonne raison : notre Créateur connaît parfaitement la nature de l’homme.
Jésus nous a donné l’ultime point de repère pour ne jamais perdre l’équilibre :
« Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
— Jean 8.12
« Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. »
— Ésaïe 41.10
PRIÈRE
Seigneur, quand les vagues de la vie s’agitent autour de moi, apprends-moi à détourner mon regard des flots pour le fixer sur toi. Que je ne sois plus prisonnier de mes insécurités, mais que je marche dans la lumière que tu m’offres. Merci d’être mon point fixe, ma stabilité au cœur de la tempête. Amen.
NOTE D’INTROSPECTION
1. Vers quelles « vagues » ai-je tendance à regarder lorsque la peur m’envahit ?
2. Quelle insécurité limite actuellement mes décisions ou mes rêves ?
3. Comme Moïse, quelles excuses est-ce que j’oppose à l’appel de Dieu sur ma vie ?
4. Sur quel « point fixe » puis-je choisir de fixer mon regard aujourd’hui ?
5. Quelle petite victoire pourrait renforcer mon caractère cette semaine si j’osais sortir de ma zone de confort ?




